Le vrai lâcher prise

Email de V. :


J’ai bien eu l’impression d’avoir attrapé ce sacré Coronavirus ! Mais lorsque le corps a accepté la possibilité de mourir - selon le concept non duel d'acceptation de ce qui se passe - la possibilité que ce corps allait mourir, seul sans traitement, il s'est relaxé.


En même temps, il a carrément arrêté de lutter pour guérir. Du coup, ça a empiré de jour en jour !


J'ai ouvert alors un livre sur la santé, il donnait un conseil qui semble assez contraire ! Il disait de donner confiance au corps, en lui répétant sans cesse qu'il allait guérir, comme on le ferait avec un enfant, et de ne pas le laisser entrer dans cet état passif où il ne se bat plus.

Alors j'ai fait ça intérieurement. Mais je suis allée aussi voir le seul docteur disponible au centre de santé. Au final, je suis repartie avec un traitement d'antibiotiques … pour une simple bronchite ! Depuis tout va mieux 😃 !


Bonjour chère V.


Si je regarde rétrospectivement ce qui s’est passé dans ma vie dans ce genre de situation, je décrirais l’approche et le vécu de façon assez différente.


“L’acceptation" dont tu parles, par exemple de la condition dégradée et douloureuse au niveau du corps, pourrait devenir une forme de “manipulation”, du type “Je ne suis pas ce corps. / Qui donc est concerné ? / La Vie amènera la guérison. / Que ta Volonté soit faite. etc…" qui effectivement pourrait bien ressembler au message de l’approche non duelle.


Mais c’est, d’une certaine manière, mettre dans la bouche (ou dans les pensées) du personnage des mots qui ne le concernent pas, car son rôle (apparent) au sein de l’histoire est justement de s’occuper de ce corps, de ces émotions, de cet esprit, car si ce n’est pas lui qui le fait, qui d’autre ??


Donc il y aura bien des actions, tout plein d’actions, qui vont en découler : prendre un rendez-vous chez le médecin, faire des analyses, prendre des médicaments et peut-être même se faire opérer, si besoin. Bien sûr, la différence, c’est l'action sans attente des fruits de l’action, ou même des conclusions. Pas le moindre commentaire du mental, juste l'action.


Le "Que ta volonté soit faite.” décrit la situation réelle mais ne prescrit pas un "laisser faire", pire "un laisser aller" au personnage, qui s’approprierait ainsi la non-action divine, qui se transformerait ainsi en une forme de paresse ou d’excuse pour ne rien faire (ce qui serait en fait une autre forme de faire, et qui pourrait peut-être amener de fait à la dégradation de l’histoire du personnage, et éventuellement sa mort !).

"Que ta volonté soit faite" est l’information capitale qui dit que toutes les actions/non-actions du gugusse ou de la nana font déjà partie du “plan divin”, et qu’ils n’émanent jamais d’une décision d’un quelconque personnage, qui lui n’a en fait aucune réalité ni aucun pouvoir d’action. Cela n’empêche surtout pas l’action d’apparaître, bien au contraire, à travers les actions et décisions apparentes du personnage, et ainsi de modifier l’histoire (en l'améliorant si possible) !


Quant à l’approche spécifique de ce livre auquel tu fais référence, je vais juste me poser la question : "Qui donc va pouvoir "donner confiance au corps" ? Si c’est une forme de Mantra, de pensée positive, pourquoi pas. Mais si cela crée un personnage séparé qui informe une autre partie séparée de la Vie (un corps), cela pourrait bien faire tourner la roue de hamster de la séparation pendant encore très longtemps… 😉

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